On reprend la route tôt comme tous les matins de cette période pour profiter pleinement des journées et de la prompte fraîcheur matinale.

Première grosse étape de la matinée : Arrivée à Alice Springs !

 

Quelques photos devant le mythique rocher où est gravé le nom de la ville et on découvre une première vraie ville depuis des jours. Bien qu’entourée du désert rouge et de chaînes rocheuses, Alice Springs est, aujourd’hui, une ville moderne, où l’on trouve tout. Il faut dire qu’il y a 140 ans, Alice Springs était simplement connue pour sa station de télégraphe permettant de faire circuler l’information entre Darwin et Adélaide !

Bref, premiers pas dans Alice Springs, quelques courses de ravitaillement au « Coles » pour affronter le Red Centre, puis nouveau plein d’essence à un prix relativement bas, par rapport à tout ce que l’on a pu voir jusqu’à présent. Enfin pour s’imprégner de la vie locale, on décide de se promener en ville, où on découvre une population hétéroclite où les paradoxes sont au rendez-vous. Ici se mêlent, businessman, Aborigènes, touristes, locaux Australiens, étudiants, backpackers… Un beau bordel. A noter tout de même que certaines rues, sont réputées dangereuses la nuit, force est de constater, que beaucoup d’Aborigènes ont un goût prononcé pour l’alcool… Mais nous n’aurons pas la chance de nous promener dans les quartiers craignos d’Alice Springs, puisque nous, ce que l’on veut, c’est bouffer du sable rouge et des kilomètres de randos !

 

Bye Alice Springs, Hello Red Centre !

 

Pour notre entrée dans le vrai, le célèbre, le mytique outback Australien, on entame notre découverte dans les McDonnell Ranges, dans l’espoir de rattraper Kings Canyon ensuite. Evidemment, les distances sont toujours immenses. La route, quand à elle, est loin de celle sans reliefs, que nous avions parcouru jusqu’alors. Celle-ci fait place à de majestueux paysages, entre gorges et failles spectaculaires, versants à perte de vue changeant de couleur au gré du soleil, et trous d’eau : véritables paradis au milieu du désert, où se confronte, eucalyptus, roches rougeâtres, eau claire orangée, et ciel bleu dénué de nuages.

On fait alors, nos premières randonnées dans le désert, où le simple accès à un point de vue est une ascension vertigineuse dans les roches qui surplombent les gorges. Arrivés au sommet, il n’y a plus qu’à apprécier une vue imprenable sur la nature qui nous entoure. Tout au long de la route, des routes non bitumées dévient vers ces endroits uniques tout aussi impressionnants les uns que les autres. Ca vaut le coup de faire quelques kilomètres supplémentaires sur ces routes de sables parsemées de crevasses, de quoi se cogner plusieurs fois la tête sur le toit du van. Voici les endroits visités et ceux à ne pas louper en rouge :

  • Ellery Creek Big Hole
  • Serpentine Gorge
  • Ochre Pits
  • Orniston Gorge
  • Glen Helen Gorge
  • Lookout Mount Sonder
  • Tyler Pass Lookout

 

Puis après une journée fatigante, mais Ô combien MAGIQUE, l’heure tourne et il est temps de rattraper la « Gravel Road » (route non bitumée) qui doit nous emmener au Kings Canyon. Encore des heures de routes, avant d’atteindre l’embouchure… et nous y sommes ! Sauf qu’à ce moment précis de la fin de journée, on se rend compte que :

1. Il faut acheter un permis pour circuler sur cette route, et que celui là doit être acheté à Glen Helen Gorge, ville que nous avons passée il y a plus de 80 kilomètres

2. La route non bitumée, est non seulement non bitumée^^mais elle est très accidentée, et mesure une bonne centaine de kilomètres.

3. Si nous revenons sur nos pas, on fait un détour de 400km, et le premier camp est à un bon 150 km, ce qui nous obligerait à rouler la nuit.

 

Il faut pourtant prendre une décision, le soleil menace déjà de se coucher, et inutile de vous préciser que nous avons aucune envie de prendre de risque à rouler la nuit dans le désert, sans aucune présence humaine à 300 kilomètres à la ronde.

On arrête alors le van une dizaine de minutes, le temps de se décider…

C’est sagement qu’on opte pour le retour en arrière, décision la plus sûre, ou plutôt la moins risquée. Le soleil se couche et on reprend cette route sinueuse qui prend une toute autre facette au crépuscule. Il fait bientôt nuit, et il faut trouver un endroit pour dormir. Aucun camp ou aire de repos à proximité, on écarte donc cette option. Puis je propose de retourner à un point de vue, que nous avions visité quelques heures auparavant. Option qui s’avéra être la seule et la bonne. On gare le van en haut de cette colline, où le panorama qui s’y offre est sûrement le plus grandiose que nous avions jamais vu. Cette fois, nous sommes vraiment seule au monde. Le coucher de soleil est magnifique, et la lune brille de mille feux, cela nous donne juste le temps de trinquer lors d’un apéritif improvisé. (On n’allait pas s’arrêter à Alice Springs dans la seule grande ville de l’Outback, sans emporter une bouteille de Sauvignon Blanc, et l’histoire nous confirme que nous avions bien fait ;))

 

Après cette nuit hors du commun, nous reprenons la route aux aurores. Avant cela, petit café et tartines de confitures (oui, on déjeune encore et toujours ça), puis passage aux toilettes. « Euh ?! Des toilettes, c’est quoi ?? Je ne connais pas… ». Je rappelle que nous sommes dans l’outback, et les toilettes tu oublieras… Donc après cette première expérience inoubliable, nous voilà venu à la première expérience du caca sauvage ou du caca bush. En voici, ma définition :

Le caca bush, consiste à déféquer en terre sauvage la rose au vent. Pour cela, à l’aide d’une petite pelle, creusez un trou d’un diamètre suffisamment important pour accueillir votre présent, puis priez pour ne pas salir vos tongs flambant neuves.

Notez que cette expérience figure au palmarès du vrai road trip en Australie, notons tout de même que le seul inconvénient est de ne pas pouvoir jouer à Candy Crush.

 

Après cet aparté culturel et poétique, on peut reprendre la route. Et quel début de journée, on voit traverser la route tour à tour, une horde de chevaux sauvages, puis de grands ânes gris à la crinière noire, un dingo (souvenez vous Fraser Island), des bœufs. On n’en revient pas de toute cette richesse faunique qui éblouit notre début de matinée.

 

Assez rêvé, le soleil est bien présent, et nous avons 400 kilomètres de détour à parcourir sur une route (cette fois-ci bitumée) pour rejoindre les Kings Canyon.

 

Arrêt en route, pour notre douche quotidienne sur un parking, à l’aide de notre douche solaire, on garde évidemment nos maillots de bain, car ce n’est pas parce qu’on est au bout du monde que nous sommes devenus naturistes.

 

La route est longue, et le soleil et les vents chauds sont encore bien présents. En guise d’occupation, on fait signe aux quelques vans qu’on croisera sur la route comme le veut la coutume. En effet, chaque croisement de véhicule est un événement, alors on garde bien les mains sur le volant, et on lève l’index pour saluer les compagnons de route.

 

On s’arrête à proximité de Kings Canyon, sur une des rares aires de repos. Soyons clair, sur ces aires de repos, il n’y a rien, juste un peu de place pour se garer sur les terres rouges de l’outback. On devra alors refaire honneur au caca bush et à la douche solaire.

Bref, de bon matin (5h00 levés), on part à la découverte des Kings Canyon. Le soleil démarre son lever, et nous démarrons notre randonnée, notez qu’il faut arriver tôt car les grandes marches ferment à cause de la chaleur. Oui marcher, sous 42 degrés dans le désert c’est pas le top. Mais l’endroit en vaut vraiment la chandelle, le soleil qui illumine ces énormes falaises érodées, travail de plusieurs millions d’années. La vue autour de nous est spectaculaire, les sommets offrent une vue à 360° sur le canyon et le désert environnant. En milieu de randonnée, un passage fascinant appelé le « Jardin d’Eden », est un trou d’eau orné de végétation luxuriante. C’est sans doute la plus belle randonnée que l’on ait faite. Marcher sur ces falaises et ces vues fantastiques au fil de nos pas nous remplit d’émotion. Encore un moment magique !

Avant de reprendre la route, nous remplissons nos bidons de 10L, car l’eau à Kings Canyon est potable, ce qui est rarissime depuis notre départ dans le désert.

 

Nous sommes prêts pour attaquer le cœur de l’outback, Uluru !

 

Après 4 ou 5 heures de routes, nous faisons un arrêt pour apercevoir le Mount Conner, qui est un des rochers les plus photographiés, car beaucoup le prenne pour Uluru.

On fera tout de même la photo 😉 . Puis quelques centaines de kilomètres plus tard, nous voici, à l’entrée du Parc d’Uluru et Kata Tjuta. L’entrée dans le parc national est payante, et vaut 25 dollars par personne. Ce parc national a été rétrocédé au peuple aborigène, en 1985, avec la condition d’accorder un bail d’exploitation de 99 ans.

Il est 16h, le soleil cogne, les mouches se cramponnent sur nos peaux, et on découvre le rocher de plus en plus prêt jusqu’au point de vue dédié au coucher de soleil, où l’on pourra trinquer au soda au citron (Hé oui, le champagne coûte cher en Australie).

 

De longues heures à contempler cette immense masse de roche, changeant de couleur durant le coucher du soleil, passant du marron clair au rouge vif jusqu’au brun.

Nous sommes en admiration devant cet inselberg (montagne île), et sommes heureux de vivre notre rêve. Ca y est, nous y sommes !

Après cette soirée spéciale, on doit regagner notre camp, qui est un vulgaire côté de route avant l’entrée du Parc National, mais on s’en contente, nous sommes habitués à ce genre d’endroits… Enfin on ne la ramène pas trop lorsqu’on entend des bruits dans les feuillages, ce serait con de se faire bouffer par un dingo si prêt du but.

 

Après une nuit courte, on repart vers le Parc National pour 2 raisons, voir le lever de soleil, et faire la célèbre randonnée de 11km autour du rocher.

Le lever de soleil est encore une fois magique, mais la première vision d’Uluru, restera sans doute la meilleure. Puis, on démarre la marche, armé de nos cagoules anti-mouches, on découvre le rocher sous tous ses angles, et ses endroits sacrés.

Il fait horriblement chaud, mais ce n’est pas grave, nous sommes en train de marcher autour de l’Ayers Rock !!!

 

Après cette expérience inoubliable, le prochain objectif est Kata Tjuta, qui est une autre masse rocheuse, tout aussi impressionnante à une cinquantaine de kilomètres d’Uluru.

Douche quotidienne, cette fois, sur le parking du point de vue du coucher de soleil d’Uluru (tant qu’à faire, autant faire dans l’originalité !) et nous voilà parti pour découvrir cet autre fabuleux rocher. A proximité de celui-ci, on emprunte une route de sable rouge pour repérer un camp, finalement on n’ira pas plus loin, car la route n’est pas bien praticable, et ça risque d’être dangereux d’emprunter cette route la nuit.

D’ailleurs à ce moment précis, un bus 4×4 s’arrête, et un groupe d’aborigènes en descend et s’en va dans le bush à pied. On n’a toujours pas compris, pourquoi et surtout où ils allaient… Mais on ne se pose pas plus de questions, et on se pose à l’endroit propice pour observer le coucher de soleil.

Fin des hostilités, on doit repartir au « camp » qui se trouve maintenant à 70 km derrière nous. Le lendemain, fatigués par tout ce qu’on est en train de vivre, on trouve tout de même le courage de se lever à 4h du matin, pour cette fois voir le lever de soleil, et faire la randonnée de Kata Tjuta.

Beaucoup préfèrent cette randonnée à celle d’Uluru, car c’est vrai qu’elle est vaste, variée et magnifique. Mais, à nos yeux, rien ne remplacera le mythique rocher Uluru.

 

C’est bon, une page se tourne, pour nous, et l’aventure dans le désert prend fin, il faut maintenant reprendre la route. Ce que nous n’imaginions pas, est que la route du retour pour regagner de la civilisation allait être encore plus longue et fatigante.

On a remis 4 jours de route pour regagner Adélaide. Même notre immense playlist de musique commence à s’épuiser, nos provisions de nourritures s’épuisent, et l’eau se vide à vitesse grand V.

Sur la route, nous passons devant les mines d’Opale, qui rappellent les paysages de Mad Max, pour ceux qui connaissent, nous faisons une halte à Coober Pedy, ville minière d’opale. C’est aussi la ville où il fait aussi chaud la journée que la nuit…

Pour dire, à 22 heures, il faisait nuit noire, et la température était de 39 degrés, autant vous dire que cette nuit a été horrible.

On rejoint ensuite Port Augusta, où l’on se réjouit de la température qui a bien chutée, et des premiers signes de civilisations pour se ravitailler.

Ce n’est que le lendemain qu’on atteindra Adélaïde, la ville nous semble bruyante, et la circulation est insupportable. Dur de revenir à la réalité après ce périple dans le désert. Disons que la frite/poulet Schnitzel que l’on s’est accordée dans un pub nous a réconcilié avec la ville J

 

Le trip dans l’outback en quelques chiffres

 

  • 10 jours de trip
  • Environ 70 Litres d’eau consommée à deux
  • 463 Litres d’essence, pour la modique somme de 746 dollars AUS
  • 5200 kilomètres parcourus
  • Environ 30 kilomètres de rando
  • Une moyenne de 40 degrés C
  • Des heures et des heures de route !
  • 5 ou 6 cacas dans le bush

Euh… On va s’arrêter là 😉