Retour sur les routes du Western Australia direction Exmouth

Des Pinnacles à Port Gregory

Le travail à la ferme est bel et bien terminé, on fera un petit retour sur nos pas vers Perth, pour passer le dernier week end totalement civilisé avant de ré-affronter l’Outback. Retrouvaille de Michael où l’on passera encore 2 superbes journées, quelques découvertes de bières australiennes où j’ai enfin trouvé la meilleure bière d’Australie (à mon goût), il s’agit de la Redback. 10 mois pour dénicher une bière qui égalerait nos bières belges préférées ! Et ça, ce n’est pas rien.

On profite de notre retour à Perth, pour changer les 4 pneus du van, à cette période, ils avaient déjà mangé 27 000 km de routes dont une bonne partie bien abimée, good job !

Rendez vous pris pour le jour même, en général, tout ce qui est service est bien plus efficace que nos équivalents français. Allez savoir pourquoi ?!

Nous voilà alors prêts pour continuer notre aventure sur les routes australiennes, la météo quant à elle, ne nous offre pas son plus beau visage. Ciel gris, pluies, froid, tout ce qu’il faut pour rappeler notre nord natal.

 

Premier stop, les Pinnacles, situé à 2 heures environ au nord de Gingin, il s’agit d’un désert étonnant, truffé de formations calcaires. Comme dirait un australien pur souche « Je ne peux pas imaginer cette endroit, sans ce ciel bleu infini et un soleil qui frappe et réveille les couleurs des formations ». Sauf que dans notre cas, il fait moche, ça doit arriver 2 jours dans l’année, et ça tombe sur nous. A l’entrée du parc national, la Ranger, nous précise qu’il est très rare de voir de l’eau aux Pinnacles, et qu’on aurait droit à ce privilège. Alors on démarre notre marche au milieu des formations, prenons quelques poses intrigantes dans ce paysage d’un autre monde, admirons le bassin formé par les pluies battantes qui ont précédés notre arrivée, puis regardons vers le ciel, et le temps devient vraiment menaçant. On devrait peut être retourner à la voiture, et là, en une poignée de seconde : PPPPFFFFSSSSSSSHHHHHH !!!! (c’est le bruit d’une averse violente, je le fais bien hein ??) On commence alors à courir, pour rejoindre le van, mais c’est peine perdue, on est trempé jusqu’aux coudes. Alors, pour nous, les Pinnacles, c’était ça : une douche bien froide dans un désert hors du commun et ça a le mérite de nous laisser un souvenir impérissable.

 

Comme nous sommes à nouveau en mode totalement nomades, nous n’avons plus le temps de nous attarder à droite à gauche, car la priorité est de trouver un endroit où dormir avant la tombée de la nuit. On passera alors rapidement à Cervantes, puis destination Green Head, qui est un petit hameau, au beau milieu de baies splendides, bon encore une fois, on verra cette splendeur dans un autre œil avec les vents qui battent l’océan, et la pluie qui ne cesse de tomber. La route pour atteindre notre camp est chaotique, d’une c’est une route non bitumée, donc caillouteuse et sablonneuse, et de deux, elle est pourvue de trous d’eau causés par la pluie. On finit tout de même par atteindre le camp « gratuit » pour y retrouver notre vie de routards après ces quelques mois de sédentarité. Et quel retour ! attendre que la pluie veuille bien cesser le temps de manger un sandwich au cul du van. Vu ce temps pourri, c’est bien la seule fois, où nous n’aurons pas cuisiné un soir. Une fois le sandwich englouti, retour dans notre van, et la pluie reprends de plus belle. Ah ce qu’on est bien en mode voyageur ! la vraie vie quoi. Enfin, pas toujours 😉

Réveil aux aurores le lendemain, pour découvrir les différentes inondations autour du van. Ca va, il reste tout de même de la place pour contourner tout cela, et retrouver une route meilleure.

 

Le temps s’améliore, même s’il fait encore froid. Quelques kilomètres à parcourir plus au sud pour trouver une douche chaude à Jurien Bay, ça fait un bien fou, nous sommes prêts pour reprendre la route de bon matin. C’est donc direction Geraldton, qui est la plus grande ville entre Perth et Darwin, soit la dernière de notre périple. Rien de bien intéressant à y faire, mis à part un plein de courses, d’essence, un rapide tour à la bibliothèque et une autre douche chaude, 2 jours de suite, le grand luxe !

 

Frais comme des lardons, on poursuit notre aventure à la conquête de Kalbarri. Sous les conseils de l’oncle de la ferme, on passera par la route qui longe la côte, où nous ferons un arrêt à Port Gregory, et notamment au Pink Lake, qui est une des attractions naturelles où la bonne eau du lac comme dirait Homer, est simplement rose. Ce paysage est saisissant et surnaturel, cette couleur serait provoquée par une bactérie dans ce lac salé. Il y en a un quelques uns en Australie, mais celui là est le premier que nous approcherons.

 

Kalbarri, retour aux randos, et aux paysages à couper le souffle

Nous filons alors le long de la côte sauvage vers Kalbarri, où de nombreux arrêts parsèment notre route pour découvrir les abruptes falaises rouges flamboyantes qui plongent dans l’océan Indien, c’est grandiose. Quelques petites marches le long de ces gorgent s’imposent et on retrouve un plaisir indescriptible de poser nos chaussures de rando et nous rappeler une nouvelle fois que nous sommes infiniment petit face à la beauté de cette nature. Parmi ces endroits, il s’agit de Natural Bridge, Eagle Gorge, Pot Alley, Rainbow Valley, Mushrooom Rock et Red Bluff. Ils sont tout aussi magnifiques les uns que les autres. Et pour couronner le tout, le soleil est bien présent et permet de profiter au maximum de cette nature. Kalbarri, c’est donc des côtes somptueuses, mais c’est aussi un parc national magnifique, qui se situe dans les terres. On profite alors de la partie côtière en premier, puis nous nous rendrons dans les terres le lendemain. On passe une première nuit sur un point d’info au bord de route, à quelques kilomètres reculés de Kalbarri, seul endroit pseudo légal et gratuit, que nous avons trouvé. Cette nuit là, le coucher de soleil était incroyable. Le lendemain, on assistera au nourrissage de pélicans. Chaque matin, à 8h45, les pélicans viennent sur la côte réclamer leur poisson aux bénévoles qui offrent le repas quotidien de ces énormes oiseaux marins. Cette activité est populaire à Kalbarri, où quelques spectateurs de tout âge, reviennent en enfance face aux comportements amusants de ces étranges oiseaux.

 

Après cette aparté pélicans, nouveau plein d’essence, et on part à la conquête du Parc National de Kalbarri dans les terres. Première mauvaise surprise, les routes vers les randonnées sont fermées, à cause des pluies qui ont frappé ces derniers jours. Nous étions désolés, car avions bien l’intention de faire une grosse rando, après ces quelques mois de pause à cause de la ferme. On se contentera alors de faire les points de vues où la route est praticable, nous donnant en avant goût de ce qu’on allait rater.

A 2 mois de la fin du trip, le temps est précieux, et on n’avait pas prévu de rester si longtemps à Kalbarri. A la fin de cette journée, on demande alors à l’office de tourisme, si les routes allaient rouvrir le lendemain. Ce à quoi, la dame nous répond « Hopefully », en l’occurrence, une bonne réponse de normand, « Peut être oui, peut être non ». Qu’est ce qu’on fait, on trace un trait sur Kalbarri, et poursuivons notre route, ou on s’accorde une nouvelle nuit sur notre petit parking au bord de route. Allez, on le tente, on ne sait jamais. Nouveau coucher de soleil depuis notre aire de repos, nouvelle bouteille de vin aussi, (l’un ne va pas sans l’autre). Et croisons les doigts, pour que cette foutue route soit ouverte le lendemain.

Et c’est reparti, retour dans les terres, on s’approche de la route en question, et là plus de panneau qui barrent la route ! Yeahhh ! On a bien fait de rester une nuit de plus. Cela dit, la route pour atteindre le départ des randos, est dans un état déplorable. Bien sûr, ce sont des routes non bitumées, avec des trous, des bosses, des cailloux. On en a fait des routes dégueulasses, mais celle là est particulièrement chaotique. En van, si tu as le malheur de dépasser les 20 km/h, tu risques de perdre les roues et le moteur avec. Donc pas de panique, on ouvre nos vitres, un peu de bonne musique et c’est parti tranquillement, la tête qui manque de frapper le toit du van à chaque seconde, et on prend notre mal en patience. 18 kilomètres pour atteindre l’endroit, à 15km/h, soit un peu plus d’une heure de route, pour faire l’aller 😉

 

On démarre alors la rando de 8 km « La loop tail », qui démarre par la superbe arche naturelle de roche, qui offre une vue fabuleuse sur les gorges, puis on descend à la découverte de ces gorges qui bordent la rivière à perte de vue. Dès nos premiers pas, on se dit que cette marche fait partie de notre top 5 depuis le début de l’aventure, c’est magistral. Quelques passages difficiles où il ne faudrait pas perdre l’équilibre au risque de finir dans la rivière, et des points de vues qui ne cessent de s’offrir à nos yeux émerveillés par le gigantisme et la paisibilité de ce lieu d’exception.

Nous croiserons sur notre route deux cygnes noirs voguant tranquillement sur la rivière, avec divers chants d’oiseaux qui résonnent dans la vallée. C’est inoubliable.

Pourquoi ne parle t-on pas de ce parc comme un indispensable à faire en Australie ??? Et dire qu’on a failli louper ça, nous sommes comblés.

Après ce magnifique trail, on enchaîne sur la suivante la Z-Bend, qui fait 2,6 km, et où les panoramas sont toujours aussi captivants.

 

De Shark Bay à Monkey Mia, mondialement connu par ses dauphins

 

Avant même de partir en Australie, on nous parlait déjà de Monkey Mia comme lieu de rendez vous de dauphins sauvages qui viennent à 2 mètres de la plage pour réclamer un encas.

Mais avant cela, beaucoup de route à effectué le long de Shark Bay, classé au patrimoine mondial qui englobe 1500 km de côtes intactes bordées de péninsules et de plages de sable blanc. La route est longue, mais quelques arrêts en valent la peine. Le premier « Hamelin Pool » qui est une réserve marine qui abrite la colonie de stromatolites la plus connue du monde. Puis le second « Shell Beach », qui est une plage couverte de mini coquillages blanc bordant les eaux turquoises, enfin Eagle Bluff, où l’on fera la rencontre d’un lézard bizarre « Le stumpy trail », qui ne manquera pas de nous captiver pendant de longues minutes. Arrivés à Bluff point, une petite marche qui offre une vue spectaculaire sur la mer depuis les falaises. Où l’on peut observer une riche faune, entre tortues, requins citrons, dugongs, raies manta. Pour notre part, on ne pourra que distinguer les raies manta, mais la ballade est bien agréable et constitue une pause dans cette longue voie vers Monkey Mia.

 

On atteint ensuite Denham, qui est une petite ville à 26 km de Monkey Mia, qui comprend une station essence, une supérette et des caravans parks, et un joli front de mer, rien de plus. Un peu plus au nord se trouve le parc national Francois Peron, qui est sûrement magnifique, mais on apprendra rapidement qu’il faut un 4×4 pour s’y rendre, et ce n’est malheureusement pas notre cas. On se rend alors à l’évidence, on n’a fait toute cette route pour Monkey Mia uniquement. Il est formellement interdit de camper   « sauvagement » dans cette zone, sinon amende, donc il va falloir que l’on réserve une nuit dans le seul caravan park de Monkey Mia. Bien évidemment, comme ils ont le monopole, les prix sont élevés. D’une pour rentrer dans le parc, il faut payer 8,5 AU$ chacun, et de deux il faut payer le prix du spot de camping dans le caravan park, qui s’élève à 38 AU$ pour un emplacement sans électricité, soit le moins cher. On découvre alors notre emplacement, qui est une vaste blague, certes on dispose de commodités à proximité (douches, toilettes, cuisine), mais l’emplacement est en fait une sorte de parking au milieu du caravan park, où tous les pauvres comme nous, se garent les uns à côtés des autres. Bon, nous sommes un peu déçus, mais à priori, on paye l’expérience des dauphins. C’est donc le lendemain matin, plein d’entrain et de bonne humeur, qu’on se précipite de boire notre café, pour rejoindre la plage. Pas de dauphins à l’horizon, on marche alors sur la jetée, et là, premier bonheur de la journée, une « green turtle » juste sous nos pieds. Plutôt sympa comme accueil. Les minutes passent, et la foule grandit. Tous ces touristes qui attendent impatiemment l’arrivée des dauphins. L’organisation est plutôt bien gérée, certes, on ne peut pas faire ce que l’on veut, mais c’est nécessaire afin que les dauphins ne soient pas dérangés ou mêmes salis par ces cons de touristes, dont nous faisons partie ce jour là. Le premier dauphin arrive, il est matinal et en avance, il se joue alors de nous en nous offrant son petit spectacle de chasse le long de la plage. Nous sommes conquis. Puis un second, et troisième arrive. La tenancière du lieu commence alors son speech sur l’histoire des dauphins et bla bla bla. Enfin, si on veut de l’histoire, on s’achète un bouquin, ou on regarde tranquillement un documentaire à la maison. Nous ce qu’on veut c’est voir de prêt ces jolies bêtes et pourquoi pas leur donner un poisson frais, ce serait la moindre des choses. Alors, on admire ces dauphins, pieds dans l’eau, et nous voyons pour la première fois ces animaux d’aussi prêts. L’équipe ramène alors les seaux remplis de poissons, et Sab comme une enfant « Moi ! moi ! siouplé, et hop la gérante lui répond sèchement, non, tout le monde voudrait nourrir le dauphin… »

Comment briser le rêve d’une grande enfant. Et dire qu’on a fait de la route et dépensé de l’argent pour ce foutu attrape nigauds. Et pendant ce temps là, les dauphins repartent au large, pour retrouver leurs occupations.

Sab : « On a fait tout ce chemin pour ça ?! » Oui, lui répondis-je. Tu n’es malheureusement plus une enfant.

Bref, têtue comme un balai à brosse, elle s’obstine à rester sur la plage pour l’éventuel second nourrissage. Et à peine 15 minutes plus tard, d’autres dauphins font leur apparition. Cette fois, c’est la peine, quasiment plus personne sur la plage, et 5, 6 dauphins viennent jouer et réclamer un poisson. Cette fois, Sab ne réclame plus selcet se limite à un grand sourire qui en dit long. Et hop, elle est choisie, et se fait alors un malin plaisir de tendre le poisson à l’animal enjoué, et sa déception part aussi rapidement que le poisson fut absorbé par le dauphin.

On profite ensuite de longues minutes à les observer, puis sommes maintenant satisfaits, d’avoir vécu cela et pouvons repartir avec les boules dans le panier.

 

Cap maintenant sur Carnarvon, le pays des bananes, puis Exmouth, mer d’accueil des requins-baleines, le plus gros poisson du monde. La suite dans le prochain article 😉