Le désert Australien : les étapes avant de prendre la route

 

Après une fin en panache sur la côte est et des souvenirs pleins la tête, une nouvelle aventure nous attends, et pas des moindres : traverser les terres désertes immenses de l’Australie pour atteindre entre autre le symbole incontesté de l’Australie : Uluru.

 

Comme expliqué dans le précédent article, le départ vers le désert avec un véhicule qui n’est pas 4WD (4 roues motrices) ne peut se faire qu’à partir de Townsville. C’est le point de départ vers une route bitumée interminable qui nous emmène au cœur de l’Australie.

Qui dit désert, dit pas de supermarchés, peu de stations essences, pas de point d’eau, très peu d’automobilistes, pas de pluie, pas de fraîcheur, pas de toilettes ni douches, pas grand chose en fait !

Alors cette route ne peut se prendre à la légère, voici en quelques points, les étapes incontournables qui précèdent notre périple :

 

  1. Révision complète du van : ce serait dommage de tomber en rade avec personne à 600km à la ronde
  2. L’eau : on embarque 50 litres d’eau potable (le minimum vital en cette période estivale)
  3. L’essence : le plein de la voiture et deux bidons de 20 litres à des prix qui ne dépassent pas encore 1,30 $AUS
  4. La nourriture : C’est la seule fois depuis le début de notre trip, qu’on a dû acheter des boîtes de conserves, pour 2 raisons : Un, les boîtes, ça conserve ; deux, à chaque changement de territoires, il est demandé de jeter les fruits, légumes, plantes pour limiter la propagation de maladies entre chaque états.
  5. Des glaçons : en Australie, on trouve dans toutes les stations essences, et supermarchés des sacs de 4kg de glaçons pour environ 4 $AUS. De quoi charger la glacière et tenir une journée et demie avec de l’eau fraîche.
  6. Une « Playlist » musicale de plusieurs heures, enfin jours, pour tenir le coup durant ces longues journées de conduite. Oui, car dans le désert, tu ne capteras aucune de tes radios préférées.
  7. Crème solaire, lunettes de soleil et ventilateur  (tu comprendras si tu suis chacun des articles 🙂 )

Départ de Townsville vers l’outback Australien

 

Suffisamment équipés, nous sommes prêts pour attaquer ce vaste territoire. Nous prenons donc la route à bord de notre nid sur roulettes. Dès les premiers kilomètres, le décor est planté, une route droite à perte de vue, puis un paysage identique de part et d’autres, vastes terres où se dressent des arbres et aucune trace de vie humaine.

Nous croisons nos premiers road trains, immenses camions de marchandises, chargés de 3, 4 ou 5 remorques. Ceux là peuvent mesurer 50 mètres. On peut vous dire que voir cet engin arrivé au cul du van n’est pas rassurant, alors on le laisse gentiment doubler 😉

Nous roulerons que très peu le premier jour, étant partis en fin d’après midi. On trouveras alors facilement une aire de repos où passer la nuit, avec des toilettes, la grande classe ! Et avions repéré des douches pour le lendemain à quelques pas de là. A ce moment précis, on se dit que finalement, on trouvera sûrement des commodités tout au long de notre route !

Réveil aux aurores, tout excités par ce qui nous attends, on prends notre café et c’est reparti sur les routes. Le paysage n’a pas changé, toujours cette route et les mêmes paysages… désertiques. C’est agréable de conduire tôt le matin, quand la chaleur n’est pas encore oppressante, mais ce plaisir n’est que bref, puisque le soleil est déjà bien présent à 9h. Les vents se réchauffent au fil du temps jusqu’à atteindre le summum entre 14 et 16 heures et nous avons l’impression d’être au côté d’un radiateur soufflant nous asséchant les yeux et la bouche. Ce moment de la journée est éprouvant, nous sommes obligés de changer de conducteur régulièrement, très régulièrement ! Tant cette chaleur est assommante. La journée, nous ne faisons que rouler, et écourtons au maximum les pauses pour ne pas rôtir au soleil.

L’objectif de la 1ère journée était d’atteindre Mount Isa, première « grande ville » étape, finalement on s’arrêtera 200km plus tôt à Julia Creek, car la nuit tombait et aucune envie de prendre de risques à rouler la nuit dans l’outback !

Cet arrêt, nous apprendra que, dans le désert, il y a des mouches, mais ce n’est pas la petite mouche à merde égarée qui vient se poser une demie seconde et repart. Là ce sont des vingtaines qui se collent sur le visage, le nez, les yeux, les oreilles et ne te lâchent pas. De quoi devenir fou. Le point positif, est qu’après le coucher de soleil (qui au passage était magnifique), les mouches se couchent elles aussi. Ca y est, nous pouvons enfin nous détendre ! Quelques minutes, sous la pseudo fraîcheur de la tombée de la nuit, et pouvons regagner notre van, brancher notre ventilo et s’endormir jusqu’au lever du soleil (qui au passage était magnifique, je l’ai déjà dit ça, non ? ah bah oui, aussi.)

Direction maintenant Mount Isa, une des plus anciennes villes minières, et où les premiers reliefs font leur apparitions depuis notre départ. On y trouvera un « Coles », mais qui a dit qu’il n’y avait pas de supermarchés après Townsville ??? Belle aubaine, on rachète un sac de glaçons, des boissons, une bouteille de vin et du jambon frais, salade et tomates pour se faire un déjeuner digne de ce nom. Car le thon en boîte, c’est bien mais point trop n’en faut. Puis on trouvera une douche dans un parc de jeux, avec des toilettes qui parlent, mais que foutent ces toilettes totalement automatisés dans l’outback !!?? A croire que l’industrie minière rapporte 😉

Après cette pause méritée dans le premier endroit civilisé que nous rencontrons, nouvel objectif, atteindre Tennant Creek, prochaine « ville » étape.

Toujours la même rengaine, de la route, de la route, et encore de la route avec le soleil qui tourne autour de notre van au fil des heures, vitres ouvertes, musiques de mise, et des arrêts fréquents pour remplir les gourdes, saluer les mouches et changer de conducteur. Puis parfois, pendant cette ennuyante et longue route, on aperçoit d’énormes aigles nous obligeant à ralentir, plongeant vers le sol pour se nourrir de kangourous renversés récemment. Et les kangourous renversés, ce n’est pas ce qu’il manque sur les routes du désert ! Malheureusment.

Vers 19h30, le soleil se couche, on s’arrêtera avant Tennant Creek sur une aire de repos pour camion trouvée in extremis, où l’on pourra trinquer à deux comme seuls au monde, satisfaits du démarrage de notre aventure.

Après une nuit relativement fraîche, on se remet aux commandes du van, pour rejoindre Tennant Creek, ville peuplée d’Aborigènes (mais non, pas ceux tout nus, avec des peintures sur le corps et des scarifications) mais il faut avouer qu’ils ne sont pas rassurants. D’autant que beaucoup d’Australiens nous ont dit de garder l’œil ouvert dans le territoire du Nord, sans explication concrète, mais juste de rester méfiant…

Bref, grâce à WikiCamps, (tu te souviens, l’application magique quand tu voyages en Australie), on trouve des douches chaudes, près du lac de Tennant Creek. Cette fois, nous en sommes presque sûrs, on trouve des commodités tout au long du voyage.

 

En route vers le Red Centre

 

Nouvel et éternel plein d’essence, on poursuit la route en direction d’Alice Springs, avec un premier arrêt prévu aux Devil’s Marbles, littéralement les billes du Diable. Cet endroit, représente pour nous la consécration, de ces longues et interminables heures de routes. On y découvre alors ces immenses rochers amoncelés, qui défient parfois les lois de l’équilibre. Une petite ballade, admiratifs de ce paysage hors du commun, un ciel bleu dépourvu de nuages et les rochers éclairés par le soleil, sont teintés d’un marron rougeoyant (ouh là, ça va devenir compliqué pour les daltoniens)

Après cette marche, quelques photos et vidéos, on prends notre pause déjeuner, et que vois-je ?? un spot Wifi, mais fichtre, que fait ce spot Wifi en plein milieu du désert ??? Ces Australiens m’étonneront toujours.

Reprise des routes, cette fois, le paysage varie, on peut s’étonner des couleurs et formes étonnantes de roches, et montagnes dans ce paysage désertique. La chaleur, elle, est toujours la même. Nous sommes à destination d’Alice Springs, et avons prévu de dormir sur une aire de repos avant d’atteindre cette ville. La nuit tombe un peu plus tard, et nous avons en prime un décalage horaire d’une demi heure. On arrive à tant à la dernière aire de repos avant « The Alice ». On installe confortablement nos chaises et table et préparons notre majestueux repas : des pâtes. Et cette soirée est particulièrement fraîche, jusqu’à remettre nos vestes ! Ce n’était pas arrivé depuis des mois ! On va, enfin pouvoir bien dormir ! (L’avenir nous apprendra que ce sera la seule nuit fraîche que nous passerons dans le désert).

Nous ne sommes que deux voitures sur cette aire de repos, un groupe d’allemands qui plantent leur tente sur les cailloux et nous. Au crépuscule (comme dans les films), des phares éclairent notre van, c’est un 4×4 et un homme aussi large que haut en descend. Il s’approche de notre table, et nous questionne dans un dialecte peu compréhensible. Finalement, il balbutiera les mots anglais pour demander de la nourriture, car il est affamé… Comme les Australiens nous avait prévenu, de rester sur nos gardes, on ne lâche rien et évitons d’entretenir le dialogue, il se dirigera ensuite vers l’autre voiture pour les mêmes questions, puis sans gain de cause, ils repartent en trombe.

Nous sommes au milieu de nulle part, et des aborigènes s’arrêtent pour nous demander de la nourriture, alors qu’ils roulent en 4×4. C’est bon, nous ne sommes plus du tout rassurés ! Je descends alors les bidons d’essence qui sont sur notre toit de van, pour les mettre à l’intérieur à l’abri des regards. (Il faut dire qu’ici, l’essence coûte un bras…), puis nous allons dormir un œil fermé et l’autre semi ouvert, juste au cas où.

Il se passera rien d’autre ce soir là, mis à part, un sommeil léger, dommage alors qu’il faisait une température idéale pour dormir profondément)

 

Le lendemain, il faut se rendre à l’évidence, nous n’aurons plus jamais de douches à disposition. Il est temps de sortir notre douche solaire, et je t’entends déjà, chers lecteurs, « Waouh, une douche solaire ?? Mais, c’est incroyable que vous ayez ça dans votre van ! ». On se calme, la douche solaire, c’est simplement une poche de 10 litres en plastique noir, que l’on remplit d’eau, que nous laissons chauffer (ou pas) au soleil, mais qui permet de se doucher n’importe où, tant que nous avons de l’eau bien entendu. Pour cela, on trouve de l’eau non potable, sur certaines aires de repos dans les immenses cuves d’eau de pluie. Grâce à cela, on peut se vanter, avoir pris une douche chaque jour durant notre périple dans l’Outback, et nous n’en sommes pas peu fiers.

Propres, et rafraîchis, nous voilà parés pour découvrir Alice Springs, ville de départ vers le « Red Centre » et surtout découvrir les parcs nationaux que nous attendons impatiemment.

Mais avant de tout apprendre sur la suite de notre aventure dans le désert, tu vas devoir être patient… La suite dans le prochain article 😉