Reprise du road trip dans le Queensland sous la chaleur… humide

 

C’est après 2 longs mois de travail acharné en tant que fermiers que nous avons repris la route pour découvrir le nord de la côte Est où la chaleur tropicale est de mise.

Janvier, Février, Mars sont les mois de la saison des pluies, le temps passe tellement vite, que nous n’avions pas imaginé être dans le nord du Queensland à ce moment là. Les pluies à cette période sont tellement fortes que les criques débordent et inondent les routes, de quoi rester coincé au même endroit pendant plusieurs jours. Mais nous croisons les doigts et continuons notre périple vers Cairns.

Au départ de Rockhampton, on décide de passer à notre première ferme de patates pour dire au revoir à notre premier patron Australien et remplir quelques papiers. On discute, puis on discute, et l’heure tourne jusqu’à ce qu’on parte une petite heure avant la tombée de la nuit. La reprise des routes s’arrêtera donc rapidement pour dormir sur une aire de repos. A ce moment précis, on avait chaud, mais on ne se doutait pas de la chaleur qui nous attendait dans notre van douillet. J’installe soigneusement les moustiquaires fabriquées maison (Merci Jordan pour l’idée) afin de laisser notre vitres ouvertes la nuit et avoir un minimum de fraîcheur… On prends notre diner, et comme à l’habitude, petite phase de digestion en regardant les étoiles.

Une fois cela acquis, on grimpe dans notre couchette et refermons la porte du van… On a dû tenir 5, 6 minutes, juste le temps de dégouliner de toute part, de mouiller les draps et oreillers, puis nous sommes sortis retrouver nos étoiles une heure ou deux, le temps que la température descende, que le moteur refroidisse (oui, car dans la plupart des vans, le moteur est sous les fauteuils avant…) et que l’on puisse enfin dormir.

2ème tentative, on regrimpe dans le van, fermons la porte, c’est un peu mieux, mais pas génial, la fatigue aura eu raison de nous, nous nous endormons, avec le bruit des pluies diluviennes qui s’abattent sur notre toit. Maintenant c’est sûr, nous sommes bien dans le Queensland en saison des pluies, et ses chaleurs humides. Tu peux rester à l’ombre, sans bouger l’ombre d’un doigt et transpirer comme si tu venais de terminer ton premier marathon.

Réveil le lendemain, avec un objectif en tête, trouver un “Supercheapauto”, équivalent de “Norauto” en France, puis s’offrir un ventilateur qui se branche sur l’allume cigare. Après quelques rapides recherches sur internet, on identifie 1 ou 2 magasins à Mackay détenant le fameux précieux. 1er magasin, échec : rupture de stocks ! on devait pas être les seuls à ce moment là à rechercher ce ventilo 🙂 Puis second magasin, et il en reste 2 ! Ouf, on achète ce gadget, et sommes prêts à reprendre notre “trip”.

Direction Mission Beach, ville pré-supposée pour faire notre saut en parachute, enfin à ce moment, on l’envisageait mais n’étions pas convaincus de s’abandonner dans le vide “intersidéral”

Avant d’atteindre Mission Beach nous avons parcouru pas mal de chemin :

  • Cape Hillsborough : Comme une impresion de seul au monde
  • Eungella National Park, où l’on peut attendre de longues minutes, heures avant d’apercevoir les rares Platypus qui nageaient dans la rivière. (il s’agit de l’ornitorynque en français, il a une forme douteuse : un bec de canard, une queue de castor, et un corps de phoque)
  • Les cascades de Finch Hatton, qui offrent une randonnée magnifique avec à la clé un bain dans les eaux glacées.
  • Airlie Beach, ville balnéaire prisée des bobos, et départ vers les Whitsundays, îles et plages paradisiaques, où nous avons plongé pour la première fois en Australie à la découverte de la faune marine.
  • Bowen : Une petite randonnée avec des vues toujours plus belles sur l’océan
  • Townsville, ville de départ, pour la seule et unique route bitumée vers le désert),
  • Les Wallamans Falls, plus haute cascade d’Australie, où l’on a eu la chance immense de croiser la route d’un cassowary, qui est une espèce rare et également le plus grand et plus gros oiseau du monde, taille d’un homme… t’imagine le bestiau ???

 

  • Bon et notre ventilateur, alors ? Tu te poses certainement la question ? Eh bien, c’est sûrement le meilleur achat de mon existence, c’est magique. Ce petit appareil alimenté par la batterie auxiliaire du van, nous a sauvé bien des nuits. On redort comme des briques. Quoi tu ne connais pas l’expression? C’est normal, mais j’aime bien.

 

Mission Beach ou Chérie, on a sauté de l’avion.

 

Nous arrivons à Mission Beach, sur la route on recroise un cassowary, cette fois c’est sûr, nous sommes chanceux. On se rend à l’agence qui organise le “skydiving”, littéralement “plongée dans le ciel”, l’adresse nous avait été fourni par nos hôtes et amis de Byfield, promettant une remise. Aux prix de toutes les activités à réaliser dans cet immense pays, on ne crache pas dessus comme on dit.

On demande alors la personne prénommée Bruce, malheureusement il n’est pas là, la fille de l’accueil nous invite alors à faire un tour, et nous appellerait dès que Bruce est là. A peine 10 minutes de route de l’agence, on s’arrête en bord de plage pour déjeuner et profiter du peu d’ombre que l’on avait trouvé pour ne pas griller comme des côtelettes. Puis notre mobile sonne… c’est Bruce, on retourne alors à l’agence, excités comme des gosses, mais l’excitation fut brève, il n’y a plus de places avant dimanche ! Dimanche??

On ne pourra pas attendre dimanche, d’une parce qu’il n’y a aucun endroit légal pour dormir à proximité, et de deux, parce qu’il faisait beau, et en saison des pluies, on ne peut rien planifier à l’avance. Au vue de notre désillusion, le staff nous demande de patienter quelques minutes.

On a vu 2 cassowaries en 3 jours de temps, on est chanceux oui ou non??

“Mr and Mrs Lepetit?

– Yes ?

– C’est bon, on vous a trouvé une place

– Cool ! et on saute quand ?

– Dans 10 minutes

(…)

– Oh shit !!! thanks !

 

 

La pression monte soudainement, comme une bière trop fraîche, on court vers notre van pour remplacer nos tongs par des baskets, on enfile notre parachute et on saute dans le bus direction l’aérodrome. On aperçoit le coucou, prêt à décoller et lâcher quelques chevronnés voulant vivre une expérience inédite. On s’installe dans l’avion, en rang d’oignon à cheval sur une banquette de mousse. Chacun devant notre parachutiste, qui nous explique les derniers détails à faire et ne pas faire lors du grand saut. Pendant ce temps l’avion décolle, prends de l’altitude, puis encore de l’altitude, et d’un regard par le hublot, on aperçoit la terre et la mer infiniment petites, et notre sérénité commence à un prendre un coup. 14 000 pieds plus tard, c’est bon, pile poil la hauteur pour se jeter dans le vide. Un gars de l’équipe ouvre alors la porte latérale, le vent froid s’engouffre dans l’habitacle, et le feu tricolore s’allume pour donner le top départ. Et à partir de ce moment, tout semble s’accélérer, on ne pense plus, on agit. J’aperçois le premier basculer dans le vide, puis le deuxième, troisième, quatrième, tout va très vite… et c’est mon tour, en une fraction de seconde, je suis en chute libre, et Sab me suit aussi vite, on vole ! Enfin on tombe !

Nos visages se déforment par la pression de l’air, Le souffle coupé par ce que nous sommes en train de vivre, nos yeux rivés vers un paysage sans horizon, l’envie de pleurer, ne manque pas tant l’émotion est intense, mais les larmes s’assèchent immédiatement avec la vitesse de notre chute. On voit la terre, la mer de corail, les îles, les bancs de sable se rapprocher à une vitesse ahurissante, puis le parachute s’ouvre et on flotte pour finir notre descente en douceur, avec en prime le droit de piloter le parachute 😉 et atterrissage sans accroc sur la plage.

Bon maintenant, que nous sommes sur terre, et que nous sommes encore en vie, on se réjouit de ne pas avoir souscrit à l’assurance décès proposée avant le saut et sommes convaincus d’avoir vécus une expérience inoubliable !

 

 

Arrivée à Cairns, charmante ville côtière, mais sans endroit où dormir…

 

Dur de revenir bel et bien sur terre après tant d’émotions, les pensées encore rêveuses, on se fixe un nouvel objectif : nager avec “une green turle” sur la grande barrière de Corail. On en a vu des animaux incroyables pendant nos précédents voyages, mais la grosse tortue, reste un rêve, jusqu’à aujourd’hui inaccessible.

Avant de se poser à Cairns, dernière grosse ville étape de notre trip sur la côte Est, on parcourt les terres, où l’on découvre une succession de paysage vallonnés, herbeux, où les cascades et criques sont innombrables, et l’air y est plus frais et plus respirable que sur la côte. Puis on se rapproche tout doucement de Cairns, à ce moment, on commence vraiment à avoir du mal à trouver des endroits où dormir légalement, et la mentalité des locaux qui transpire le ras le bol des backpackers qui sillonnent les routes et squattent un peu trop leur pays.

Oui car c’est comme les chasseurs des « Inconnus », il y a les bons backpackers et les mauvais.

Disons que les bons backpackers, bon, ils voyagent, mais ils voyagent, tandis que les mauvais, bah ils voyagent… mais… ils voyagent.

Autrement dit il y a les respectueux, et les brunteux* (*Patois que seuls les gens de chez moi pourront comprendre). On se classe dans les respectueux, on ne laisse pas de déchets derrière nous, on ne met pas la musique à fond, on ne se couche pas à des heures pas possibles, bref on respecte notre terre d’accueil.

La première nuit à Cairns a été chaotique, nous sommes au bord d’une crique avec un panneau zone inondable, un panneau tout neuf signale en grand «NO CAMPING», et des gens bizarres zonent autour de l’aire de repos, et pour couronner le tout, il commence à pleuvoir fortement. Disons que nous avons dormi sur nos 2 oreilles, surveillant le niveau de l’eau. Finalement, après cette nuit mouvementée, tout s’est bien passé, et avons pu reprendre la route vers Cairns.

On découvre alors cette ville, paisible et où il fait bon vivre. Un lagon borde l’océan, où la baignade nous attend avec impatience pour nous rafraîchir, la météo est clémente, plus de pluie, juste un soleil rayonnant. Des douches sont à disposition, et le Wifi gratuit partout dans la ville, que demander de plus pour des backpackers ?

Bon, assez relaxés, il est temps de réserver notre tour pour la grande barrière de Corail, le temps de trouver l’agence conseillée par nos amis de la ferme, en 15 minutes, le tour est joué, notre sortie aura lieu 2 jours plus tard, juste le temps de flâner en ville et découvrir Cairns tranquillement. D’autant plus, que le lendemain se déroulait l’Australian Day, fête nationale du pays où tous les Australiens se rassemblent autour de concerts, bières, BBQ. La plupart avaient revêtu leur tenue aux couleurs du drapeau Australien. Bref une belle journée, assis au bord du lagon à écouter des concerts de qualité, avec quelques baignades durant les entractes.

Les spots légaux pour dormir deviennent vraiment rares, voire inexistants. On a passé 2 nuits en bord de mer, (Clifton Beach) à une vingtaine de kilomètres de Cairns (dans l’illégalité, pas le choix !), ces 2 premières se sont passés sans problème, jusqu’à la troisième, où l’on s’est fait botté le cul par un local, qui nous menaçait d’appeler les flics. On n’a pas cherché et avons dormi en bord de route un peu plus loin, mais on commence à moins se sentir à l’aise dans cette ville, et il était pour nous temps de reprendre la route !

Hop hop hop attends, je t’ai pas raconté la barrière de Corail !

 

A la recherche des tortues sur la Grande Barrière de Corail

Alors voilà, départ tôt le matin, on embarque dans notre « speed boat », petit café et muffins en guise d’accueil. Nous voilà partis en pleine mer pour nager sur la barrière de corail. Enfilage de palmes, masques et tuba et combinaison anti piqûres de méduses. Oui, car dans le Queensland à cette époque, c’est truffé de méduses… mortelles, on les appelle les méduses boîtes, l’une des créatures les plus venimeuses au monde.

Puis, nous arrivons au spot de snorkelling, 2 bonnes heures de nage, à découvrir des poissons de toutes les couleurs, des petits, des gros, des longs, des moches. Puis des coraux de tout type, des mollusques, des échinodermes, crustacés, éponges… Une variété impressionnante du monde sous-marin. La clarté de l’océan est bluffante, on peut voir de 15 à 20 mètres de profondeur, c’est magique ! On continue alors de nager, en espérant croiser la tortue de nos rêves. Mais rien n’y fait, aucune tortue à l’horizon. Les quelques requins de récifs, raie, étoiles de mers, et poissons géants, nous satisfont, mais il nous reste le goût amer de ne pas avoir rencontré le reptile souhaité.

Bon ce n’est pas grave, il est prévu que l’on plonge à un autre spot après le déjeuner.

2ème baignade : c’est partie, de nouveaux coraux à explorer. On nage, puis on nage, puis on cherche, et on ne trouve pas. Les heures passent, cette fois, c’est raté, ce ne sera pas encore aujourd’hui qu’on réalisera notre rêve.

Je commence à fatiguer, la plupart des gens remontent sur le bateau, et je propose à Sab de rentrer également. Sab, déterminée, ne lâche rien et repars à la recherche de son animal. Pendant que moi, je reprends la route, enfin la mer, vers le bateau. Mais, la voyant partir seule, je renonce à ma démotivation et je pars la rejoindre. 5 minutes plus tard, elle s’écrie :

« Une tortue !!!

Moi : Meuh non…

– Si, là une tortue

– Merde, c’est vrai en plus ☺ »

 

Remotivé à 10 000 %, on la suit, l’observant au fond de l’eau, nager. Nous sommes 2 dans l’océan, et on prends notre palme à observer cette énorme tortue de mer, et là cerise sur l’eau, elle remonte à la surface, nageant à nos côtés pendant une bonne minute, puis replonge. Et elle réitéra une seconde fois puis une dernière fois. On a même caressé sa carapace, ça sert rien, mais c’était cool quand même.

C’est bon, on peut rentrer sur le bateau, notre objectif est atteint ! En une semaine de temps, on a sauté en parachute au dessus de la grande barrière, puis nager avec une tortue sur la grande barrière. C’est dans ces moments là, qu’on se sent vivants ! Enfin, nous reprenons une nouvelle fois la route, pour finaliser notre trip de la côte Est, nous sommes allés à la découverte de Port Douglas, puis du Cape Tribulation, des routes grandioses, et des arrêts mémorables.

Prochaine étape, la traversée de l’Outback, pour cela on redescend vers Townsville ! La suite dans le prochain article ☺