Dans le précèdent article, j’évoquais que nous avions opté pour un tour en convoi de 4X4 pour 3 jours sur l’île de Fraser Island, voici « en quelques mots » le récit de nos aventures.

En route vers Fraser Island

Lundi matin, 6 heures, on ouvre les yeux, c’est aujourd’hui que l’on doit se rendre sur Fraser Island. Nous avons dormi sur un parking d’aire de repos à Hervey Bay et nous sommes à 5 minutes de voiture du backpacker où le taxi doit nous emmener au ferry. Avant toute chose, petit déj : café / tartines de confitures en bord de mer, notre rituel. Ensuite, rien ne vaut une douche froide dans les toilettes publics pour nous donner un coup de fouet. On se rend alors au dit backpacker (auberge de jeunesse), où nous garerons notre van pendant les 3 jours. Le temps est maussade et ne nous inspire pas de belles choses pour les jours à venir… On patiente de longues minutes, et enfin le taxi pointe son nez. Ca y est, c’est parti, un gros chevelu aux vieux airs de fan d’AC/DC nous emmène donc sur le quai. On découvre alors les panneaux, l’un indique les limitations de vitesse sur la plage, l’autre demande de ne pas plonger au risque de se faire dévorer par un croco et d’autres encore mettent en garde sur le danger que représentent les dingos. Les dingos, ce sont des chiens sauvages, moitié loup, moitié renard. Chose est sûr, c’est que ce n’est pas le petit chien-chien à sa mémère à qui on va faire des papouilles, enfin tu peux essayer, mais tu reviendras sûrement sans bras… Pour preuve, les camps sur Fraser Island se doivent d’être barricadés et fermés par des grilles pour éviter que les dingos n’entrent. Bref, on monte dans le ferry, le temps est toujours gris, mais on garde espoir. On descend sur l’île, et un nouveau taxi nous attend. Cette fois une blonde, la quarantaine, qui devait être catcheuse dans une autre vie… Elle conduit son 4×4 avec assurance et elle n’a pas besoin de mettre la radio, je pense qu’elle n’a pas dû s’arrêter de causer une seconde (pire que Sab , t’imagines ?) dans le fameux anglais australien que l’on commence seulement à déchiffrer. Ce taxi nous emmène donc au camp, au centre de l’île et on découvre les routes de sable, et le café/confiture commence à taper à la porte pour prendre l’air. Finalement, après ce premier parcours agité, on découvre notre camp, ainsi que toutes les personnes qui vont faire le trip avec nous… Des anglais, des allemands, des suisses, des israéliens, une colombienne, une chinoise… et pas un français ! C’est plutôt rare dans ce genre d’excursions, c’est l’occasion de parfaire notre anglais. Ce qui est génial dans ce genre d’aventure, c’est de rencontrer des gens de tous horizons, et aucune différence, aucune barrière ne s’installe, on est tous là pour profiter un max de Fraser Island et de l’Australie en général. Après le petit discours d’accueil du tour, on peut passer à table, au menu : galette de blé, et légumes divers et variés et viandes pour agrémenter notre wrap. Ca deviendra notre pic-nic favori… On fait notre état des lieux, un toilette portable pour une trentaine de personnes dans une tente prévue à cet effet, des tables à l’abri du vent sous des bâches de fortune, des énormes barbecues et cocottes pour les repas du soir, et des tentes de 2 personnes à même la plage pour une nuit de « rêve ». Le soleil débarque, comme dirait Pascal, « on est bien là hein ! ». Puis après une courte digestion, on grimpe dans les 4X4, on choisira celui du guide « Simen », en route pour le premier stop : le lac Wabby. Ce 4×4 secoue encore plus que le premier, on roule à vive allure sur la plage magnifique bordée par les vagues, en écoutant le riddim d’Israël Vibration qui m’est familier. On se stoppe, il va falloir marcher pour découvrir le lac. Après une heure de rando sous un soleil frappant, on découvre les dunes à pertes de vue… « Mais il est où le lac ??! ». Il faudra encore marcher pour faire notre premier plongeon sur l’île. La vue est incroyable et le paysage inédit, la couleur des étendues de sables, les dégradés de vert du lac et de la forêt, le bleu azur du ciel sont enivrants. On passe de longues heures à nager, se relaxer sur la plage, faire quelques échanges de volley, et pendant ce temps le soleil débute son coucher. Le groupe se divise alors en deux, continuer de marcher pour atteindre un point de vue à couper le souffle, où rester ici à se dorer la pilule ? Pas la peine de vous préciser notre choix, on n’est pas là pour enfiler des perles. La journée se termine, il est maintenant temps de rejoindre le camp, on reprend la route des plages avec sous nos têtes un ciel rose, magnifique, mais qui est signe de vent pour notre première nuit… Retour au camps, on peut sortir notre bière et notre vin qui avait eu le temps de bien de se réfrigérer dans les glacières, puis l’équipe s’active pour cuire les saucisses, rumstecks, haricots, pommes de terres, etc… C’est du lourd ! On peut alors démarrer le festin et commencer à échanger sur nos premiers pas sur l’île. Le vent commence vraiment à souffler très fort, la bâche qui nous sert de toit, vrombit sous l’acharnement des souffles, jusqu’à ce qu’une des barres cède, et le pauvre Suisse qui se trouvait en dessous se la prenne en pleine face. Merde, il saigne, ça commençait pourtant bien, l’équipe l’allonge, lui pose quelques questions pour voir s’il a bien toute sa tête, et lui bande le crâne à la manière d’un rugbyman. C’est bon, il se souvient de son prénom, et il veut une bière, on va pouvoir poursuivre la soirée  Les vents, eux, ne lâchent pas prises et continueront de déferler toute la nuit. Simen propose d’aller faire un tour sur la plage pour profiter de l’ambiance nocturne qu’offre l’océan. Des éclairs se dessinent à l’horizon, on n’avait jamais regardé ceux là avec autant de stupéfaction jusqu’alors. Simen, demande alors de se tourner, dos à la mer, de regarder le sol, et de reculer en moon walk, et là, s’illuminent des étincelles sous nos pieds, c’était magique, tu le savais toi ? pas nous ! le groupe passe alors du temps à se jacksoniser pendant de longues minutes. Nous passerons enfin, un long moment allongés sur la plage à boire les paroles de Simen, les yeux rivés vers les étoiles. Il commence à être tard, on est exténué, on rejoint alors notre tente, et on fermera les yeux que très peu durant la nuit, réveillés sans cesse par la tempête, on sera quasiment les premiers levés (Le Suisse était déjà debout, tu m’étonnes !) On découvre alors le résultat de la nuit sous l’orage, le camp renversé, les tentes sans bâche, du sable plein la tente (on a dû en bouffer une certaine quantité durant la nuit).

Grosse deuxième journée sur Fraser Island

Petit déj, et c’est reparti, la journée va être longue et on a plein d’endroits à visiter, dans l’ordre :

  • 1er stop : l’Eli Creek, est une creek aux eaux translucides, dans laquelle on peut se baigner et le courant nous emmène dans une piscine naturelle. On s’est fait 4 ou 5 fois la descente, tellement c’était fun et inattendu. Comme à l’habitude maintenant, quelques passes de volley sur la plage s’imposaient, sous la musique dirigée par Simen qui s’improvise DJ des lacs et creeks.
  • 2nd stop : L’épave du Maheno, est un navire de passagers poussé sur la côte en 1935 par un Cyclone, c’est impressionnant.
  • 3ème stop : Le lac Allom, est un lac aux eaux oranges, où les multiples tortues se rejoignent aux bords du lac à notre plus grand bonheur. On a pu patauger tranquillement sous un soleil toujours de mise.
  • 4ème stop : Champagne Pools, est une piscine naturelle, où les vagues déferlent sur les rochers (d’où « champagne ») pour nous éclabousser pendant notre baignade insolite. C’est le seul endroit de l’île où l’on peut se baigner dans l’eau salée de façon sécurisée. Quelques touristes australiens un peu-beaucoup bourrés, ont légèrement perturbé le plaisir qu’offre cet endroit, mais on ne va pas se plaindre non plus :p
  • 5ème stop : Indian Head : C’est un rocher, où surplombe un point de vue impressionnant, le meilleur de l’île ! on y découvrira tortues et raies mantas. On peut aussi y voir baleines et dauphins, ça n’aura pas été notre cas cette fois ci.
  • 6ème stop (improvisé celui-ci) au retour vers le camps, sur la route le long des plages (encore) on découvrira, pour la première fois les fameux dingos, enfin un dingo en train de creuser pour dessabler du poisson pour son repas du soir, (au passage, il vaut mieux ça, que l’un de nous)
  • 7ème stop : les Pinnacles, où se dressent des falaises multicolores et où Simen se fit un plaisir de nous raconter les histoires/légendes aborigènes de cet endroit.
  • 8ème stop : On repasse devant l’épave du Maheno, qui nous donne une autre facette sous la nuit tombante.
  • 9ème stop : La douche, selon Simen, qui était en fait un retour à Eli Creek, où l’on s’est rebaigné une dernière fois dans cet endroit magique.
  • • 10ème stop : le camp, enfin non, Simen reçoit un appel, qui lui indique que notre camps à été retourné, et par sécurité, on dormira à l’hôtel ce soir. Le temps de récupérer nos affaires personnelles et sacs de couchages, on se rend alors dans leur auberge de jeunesse, où on passe une soirée improvisée, entre partie de Uno, de billard, de Ping Pong ou d’apéro Pong pour les plus téméraires. Bref une superbe soirée inattendue à l’abri du vent dans des dortoirs de 8 personnes, avec sanitaires par chambre, le grand luxe !
  • Dernière journée à Fraser Island : la magie continue d’opérer et s’achève
  • Cette fois, on sera les premiers à se réveiller, à part l’équipe du tour, qui commence déjà à préparer le petit déj, au menu : tartines grillés avec un œuf à l’intérieur (si si à l’intérieur ! ), café, petits gâteaux.
  • Après la journée et la nuit éreintante de la veille, ça fait du bien de récupérer et de repartir sur de bonnes bases pour la dernière journée. Allez tous dans les 4×4, et c’est reparti pour la dernière journée :
  • Un seul stop ou presque : le lac Mc Kenzie, qui est surement le plus bel endroit de l’île. Ce lac au sable blanc, aux eaux transparentes virant du blanc au bleu est incroyable. Nous y avons passé de longues heures, à… deviner quoi ? Jouer au volley biensûr ! puis faire des photos délirantes, des pyramides humaines, se tartiner la face de sable blanc, paraît il qu’il a de bonnes vertues cosmétiques. L’odeur de ce sable n’a pourtant rien de « vertueux ». On est comme « des cochons dans leur merde ». C’est paradisiaque. Malgré cela, le temps n’est pas extensible, et il va falloir malheureusement rentrer à la maison, enfin dans notre van.
  • Sur la route, nous referons quelques stops en forêt tropicale, pour découvrir un énorme arbre quasiment millénaire, où Simen invita chacun à embrasser l’arbre, c’est son côté hippie. Puis on fera également la rencontre de bébés dingos, « il est mignon le chien-chien,… Nan, ne fais pas de bruit, prends une photo et trace ton chemin ».
  • Dernier stop, attente du ferry vers Hervey Bay, des souvenirs pleins la tête, et des regrets de quitter Fraser Island,île magique, pour reprendre notre route vers d’autres aventures.

Pour connaître les différents moyens de se rendre sur l’île, rendez vous sur cet article.