Gingin, fermes et plus si affinités

Jour 1 : le « Regional Labour Hire » : l’agence de recrutement fantôme

Ca y est, nous y sommes, découverte de la ville où nous sommes sensés trouver un job à la ferme et donc d’y rester quelques temps. Cette fois, nous sommes plus que déterminés, nous n’avons plus le choix si l’on ne veut pas retourner en France à sec comme des pois.

Premier repérage à Gingin, un supermarché, ça peut être pratique pour se ravitailler, sauf qu’après être rentrer dans le magasin, on se rend vite compte que les rayons sont vides, les prix sont exorbitants. A part acheter 2 tranches de jambon, et un bout de pain rassis, on ne pourra pas escompter mieux. Ensuite, d’autres petites boutiques longent la rue principale, mais rien, mais alors rien qui puisse nous être utile.

Loin de l’idée que l’on s’était faite, Gingin, est vraiment paumé et complétement inadapté pour y séjourner plus d’une journée. Nous avions un objectif arrivé à Gingin, trouver l’agence de recrutement, qui placerait des travailleurs comme nous en ferme. On se précipite alors de se rendre à l’adresse qu’on possédait. Arrivés à destination, rien ne ressemble à une agence de recrutement, on voit seulement un pub, dans lequel nous demanderons au barman de nous indiquer cette dite agence. Alors oui, il existe une agence, qui a déménagé maintenant, mais personne ne semble vraiment connaître l’adresse exacte de celle-ci. Ca ne va pas nous aider ça pour trouver un job.

On poursuit nos investigations, et arrivons à sous tirer quelques informations de la communauté urbaine de Gingin. La dame, nous donne l’email de contact de l’agence, et nous crayonne un plan douteux de l’endroit où est supposé être l’agence, elle nous indique, que celle-là ne souhaite plus être contacté directement par téléphone ou même de recevoir des visites en personne : un peu étrange pour une société qui est censé mettre en relation des personnes avec des employeurs. Immédiatement, on reprend la route à la recherche de ce cabinet de recrutement. Ce n’est pas parce qu’ils ne veulent pas nous voir, qu’on ne va pas y aller. L’opportunisme est une qualité dont il ne faut pas se priver lorsque nous sommes voyageurs. Alors on persévère, roulant au pas pour trouver l’agence d’emploi, dans le même temps, nous envoyons un mail pour faire part de notre motivation et de notre présence dans les parages. Après avoir fait toutes les routes et chemins des alentours, aucune ombre d’une maison de recrutement, l’heure tourne et nous allons devoir bientôt mettre fin à notre recherche pour trouver un endroit pour dormir, lorsque soudain le téléphone sonne, notre couverture réseau aussi médiocre soit-elle ne nous permets pas de décrocher l’appel. Merde, on est peut être passé à côté d’une opportunité, dommage pour des opportunistes…

On renvoie aussitôt un mail et trouvons un endroit où le réseau est meilleur, et patientons dans l’espoir d’être rappelé. Et banco, le téléphone sonne, c’est bien l’agence mystère qui a daigné nous contacter. Après un court échange pour donner nos contacts et nos ambitions, la dame nous indique qu’elle passe quelques coups de fil et nous recontactera si elle trouve quelque chose pour nous. Cool, on avance ! Sauf que finalement… elle ne nous rappellera pas, et tout l’espoir que l’on portait sur cette agence dont on nous avait tant parlé retombe à néant. Tout ça pour ça, vous me direz ? En effet, la vie de routards est imprévisible rythmée par des surprises aussi bonnes que mauvaises.

 

Jour 2 : On est jamais mieux servi que par soi même

Après cette nouvelle déception, on regagne une aire de repos, sur lequel il semble être interdit d’y passer la nuit, mais nous voyons 3 grands campings cars tranquillement installés, nous prendrons également le risque, pour ne pas trop s’éloigner de Gingin. Devant notre table branlante, nos chaises de campings qui s’affaissent avec le temps, et une bouteille de blanc, on fait le bilan, poil aux dents. Conclusion : demain, on passe tous les coups de fils nécessaires aux fermes des environs, quitte à faire des kilomètres, on va le trouver ce job ! Sinon, comme dirait Cartman : « je vous emmerde et je rentre à ma maison. »

Alors de bon matin, on rouvre les rideaux du van en se disant, aujourd’hui, on trouve un travail à la ferme, c’est pas que ça nous manque, mais par contre l’argent, un peu. Sab se lance dans les appels : 1er numéro sur notre liste : « le numéro n’est pas attribué », Super, ça démarre bien.

2ème numéro : on a quelqu’un au bout du fil. Elle demande, si ils recherchent actuellement des travailleurs, et la réponse n’est pas positive, mais elle n’est pas négative non plus. Le boss de la ferme en question, dit qu’il nous recontacterait si besoin, car il attends une confirmation de deux personnes qui doivent arrivées sous peu pour travailler à la ferme. Attendre un appel ? On a déjà vécu ça, non ? Alors par curiosité, on tape l’adresse dans le GPS, et là, il nous affiche 13 km ?! Alors que les adresses qu’on possédait couvraient la région sur 200 km à la ronde, si ça ce n’est pas un signe ! Qu’est ce qu’on fait ? On attend patiemment que le mobile vibre, ou on se prend le culot d’aller directement à la ferme, pour échanger de vive voix ? Pas la peine de vous donner la réponse. Nous arrivons dans la ferme, garons le van dans l’entrée, et partons à la recherche de notre seul interlocuteur de la journée.

On croise alors plusieurs personnes et entamons la conversation :

« Bonjour, on cherche le boss.

Le boss arrive, cheveux longs, une barbe de 2 mois, et une chemise à carreaux usée par le boulot.

– Hello ! C’est nous qui avons appelé il y a 20 minutes, comme on était dans le coin, on s’est dit que ce serait plus simple de te rencontrer. C’était juste pour te dire, que nous sommes dispo pour travailler et on reste quelques temps dans la zone, donc n’hésite pas à nous contacter.

A ce moment précis, nous ne connaissions pas l’activité de la ferme, d’après nos informations ce serait de la récolte de laitues… Mais qu’importe, on veut bosser

– Euh ?! Mais, comment vous avez eu mon adresse ?

– Pages jaunes, et on était seulement à 13km, alors on est là

– Et, vous êtes dispo pour travailler maintenant ?

– Oui, complétement.

– Mais quand je dis maintenant, c’est maintenant ?!

– Oui, sans problème, le temps de se changer et c’est bon.

– Ok, je vais trouver un spot pour votre van, allez vous changer, vous démarrez dans 10 minutes.

– Parfait, on fait ça, nickel ! »

 

Là je regarde Sab, et aussi étonné que le patron l’est, on vient de trouver un job sans savoir les conditions de paiement (à l’heure ou au rendement), sans savoir ce qu’on va faire et quelles récoltes et sans connaître la durée. Nous étions tellement motivés pour trouver un job, que ces questions en deviennent secondaires.

10 minutes plus tard, on se rends sur le lieu de travail en tenue de combat, le boss nous fait faire le tour rapidement des lieux, nous montre l’endroit où l’on peut dormir, sur ce quoi nous refuserons, car nous avons notre maison sur roulette, et sommes bien heureux comme cela. Il nous montre ensuite le hangar où l’on peut manger, cuisiner, regarder la télé, utiliser la seule douche et le seul toilette. On vous laisse imaginer cet hangar, occupé par des travailleurs qui sont très loin de savoir ce qu’est le ménage, mais aussi par les araignées qui y ont bâti un véritable empire. Mais, après toutes ces expériences passées à la ferme et ailleurs nous n’avons plus d’exigences quant à cela, donc on fait avec et ça ne pose pas de problème.

Le rapide tour d’horizon étant terminé, nous voilà déjà dans le hangar en train de préparer des caisses pour le conditionnement des légumes (oui car on se rendra compte, que ce n’est pas une ferme de laitues, mais principalement de carottes et bien d’autres légumes.) Et 30 minutes plus tard, nous serons dans les champs pour récolter des « baby carrots ».

Ca y est, on a du boulot dans la ferme pour approximativement 10 jours selon le boss. Rapidement, entre 3 arrachages de carottes, le boss nous demande combien de jours il nous reste pour obtenir le second visa Australien. Ce à quoi, nous répondons 46 jours de travail, en effet, si on bosse 88 jours au total en ferme en Australie, nous serons en droit d’obtenir un deuxième visa vacances-travail. L’Australie est le seul pays qui permet d’acquérir deux années avec ce type de visa.

Le boss, nous répond alors « Ok, je vais tout faire pour vous les donner, si je peux, je le ferai. »

De 10 jours, nous passons donc à 46 en une poignée de secondes. Ce qui nous permettra alors d’économiser suffisamment pour finir notre trip, mais aussi de revenir si le cœur nous en dit, disons, que nous le prenons comme une option. On ne sait jamais…

La première journée s’écoule à une vitesse folle, jusqu’au moment où je me retrouve sans boulot, pendant que le reste de l’équipe a encore du fil à retordre. Le boss, me dit alors qu’il a un job pour moi, il me demande de le suivre jusque chez lui, là, il sort une grosse housse et me dit « Tu vas monter le gazebo, ça vous fera un endroit pour installer votre table, chaise, vous serez à l’abri du vent, et même des insectes, car il y a les moustiquaires à monter. »

Encore une fois, sur le cul, et contents de l’intérêt qu’il nous porte, à peine arriver. Ni une, ni deux, la tonnelle de camping pro est montée, de quoi avoir un havre de paix pour nos pauses café et le déjeuner du midi. On sent alors déjà la jalousie des travailleurs en place, qui n’ont pas ce privilège, mais hé ho, il faut choisir ! Soit t’es un voyageur ou soit tu l’es pas. On a choisi de vivre dehors et la ferme à l’air d’apprécier 😉

Tout est alors en place, pour que l’on puisse travailler sereinement et pendant 2 mois ! Mais d’ailleurs, à part les baby carotts ?, c’est quoi le job ?

 

Nos journées de travail à la ferme de légumes en détail

Ce qui est vraiment bien dans cette ferme, c’est que le travail est varié et imprévisible, les journées se ressemblent mais sont différentes. On va essayer de reconstituer une journée type pour que vous puissiez y voir clair.

Matin : démarrage 7 heures, les journées à la fin du mois d’avril sont encore bien chaudes quoi qu’agréables comparées à notre expérience dans le Queensland. On se rassemble alors au shed, qui est le hangar principal. Là nous recevons un brief de la première étape de la journée, qui s’avère être la plupart du temps Raddish ! Les radis en français.

Ces plantes étant fragiles, il est important de les travailler lorsqu’il fait encore frais. Nous grimpons dans le 4×4 direction les champs de radis ! Une fois arrivés, on occupe chacun une rangée, agenouillé sur le sable, (oui, car ce n’est pas de la terre dans cette partie du Western Australia, mais bien du sable), et notre objectif est de cueillir les radis et en faire des bouquets. Pour cela, il faut avoir l’œil et le bon : pas trop gros, pas trop petit, pas noirci, pas pourri, pas abimé, pas de feuilles jaunes, pas de craquelé. La main gauche pour confectionner le bouquet et la main droite pour cueillir, faire le tri et passer l’élastique une fois le bouquet fin prêt à être envoyé. Au début, nos bouquets ne ressemblent pas à grand chose, c’est branlant, moche, parfois trop fourni, parfois pas assez. Un tour d’élastique et le retour de celui là est sans appel, boum, du sable plein les yeux, pas évident de faire des bouquets de radis les yeux fermés brulés par le sable… Mais avec l’expérience qu’on acquiert de jour en jour, les gestes deviennent précis et de plus en plus rapides.

L’objectif à produire diffère chaque jour, ça dépend évidemment des commandes, ça peut aller de 80 bouquets à 800. Une fois l’objectif atteint, les radis sont nettoyés au shed, on ne s’occupera pas de cette partie ou occasionnellement.

Deuxième job, Parsnip ! ce sont nos légumes oubliés, j’ai nommé les panais. Rien à voir avec le poisson.

Changement de champs, quelques mètres en 4×4 et la nouvelle mission peut commencer. Equipé de caisses, on longe les rangées pour ramasser les parsnip, en général, on remplit 24 caisses. Agenouillés, pour les fainéants, ou debout, en position de banane pour les vrais (Après la patate, pas question de se traîner à genoux ;), la banane est notre position de prédilection), on déterre les parnsip, coup d’œil furtif pour s’assurer que celui là n’est pas abimé et de la bonne taille et on remplit les caisses de ce merveilleux légume. Une fois les caisses remplies, je suis, pour ma part, chargé de les vider dans le tracteur. Les étapes suivantes sont le nettoyage, qui est réalisé par une sorte de machine à laver au cul du tracteur, et le tri est effectué par les experts, soit la famille de la ferme.

Bien souvent, après ces deux missions, c’est l’heure de la pause, toujours appelée la smoko, qui est la pause d’1/4 d’heure payée, juste le temps de reboire un café et reprendre des forces pour la suite.

 

Troisième job, Beetroot ! ce sont les betteraves rouge. Même rengaine, changement de champs, mais cette fois armés d’un couteau et de caisses. Le jeu se complique, il faut non seulement, arracher uniquement les betteraves de la bonne taille, sous entendu, ne pas faire le bourrin à tout arracher sur le passage, puis toujours contrôler la qualité de ce qu’on arrache. Ce job est particulièrement long et pénible pour le dos. Mais sans prétention aucune, on a toujours une longueur d’avance sur le restant de l’équipe ☺ La plupart du temps, je suis encore de faction pour vider les caisses remplies. Les betteraves seront également nettoyées dans le gros tambour du tracteur et l’équipe familiale s’occupera du tri.

 

Quatrième job : Turnips ! Ce sont les navets, ca ressemble très fortement au job des betteraves, sauf que ce ne sont pas des betteraves, et il faut couper les tiges et les queues. Je ne vous refais donc pas l’explication détaillée 😉

 

Cinquième job : Baby Carrots ! C’est le graal, il sera le boulot le plus conséquent d’entre tous, car les commandes sont importantes, entre « Coles » (la fameuse chaîne d’hypermarchés Australien) et les marchés des environs de Perth. On produit en moyenne 1000 bouquets de baby carotte par jour. Même refrain que les radis, mais cette fois en position assise. On longe alors chaque rangée du champ pour confectionner les bouquets parfaits. La difficulté de la tâche dépend vraiment de la qualité du champs, de la rangée de la période, de la météo… Oui car même s’il pleut, l’équipe de Teletubbies est en place, revêtu d’un merveilleux ciré et pantalon jaune, rien ne nous arrête pour le meilleur des récoltes. Une fois l’objectif quantifié par un membre de l’équipe, qu’est ce qu’il faut faire maintenant ??? Les nettoyer ! c’est bien, je vois que vous suivez.

Pendant les 2 mois de travail, je n’aurai ce rôle que lors des deux dernières semaines, et c’est tant mieux, car ce n’est pas mon job favori. Toujours en mode Teletubbies, nous sommes deux, un de chaque côté de la baignoire et il faut nettoyer le stock de carottes à l’aide d’un tuyau d’arrosage haute pression. Il faut évidemment être rapide et ne pas avoir peur de l’eau. Plus le stock de carottes est important, plus la tâche est douloureuse. Les carottes sont ensuite mises en boîtes prêtes à être envoyés à nos chers clients. Bien souvent entre les carottes, nous avons notre pause déjeuner qui dure ½ heure.

D’ailleurs pourquoi en France, nous avons tant de temps pour déjeuner, c’est quand même plus agréable d’avoir moins de temps le midi, et profiter de son après midi !

 

Sixième job : Parsley ! C’est le persil, deux variétés pour celui là, l’italien qui est le persil droit et le frisé qui est le persil… frisé. Ca été notre spécialité pendant des semaines. La plupart du temps, je le faisais seul, le boss appelait ça mon «Alone Time », de quoi avoir un moment de répit dans notre vie commune. Il s’agira simplement de couper les tiges, en faire des bouquets propres, sans bavure, et cela sur un rythme intensif. Bien qu’au beau milieu des champs, le silence de la nature rend la tâche agréable. Bruit du vent, des oiseaux et de mon couteau tranchant les branches de persil.

Ensuite, nous nettoierons les bouquets, contrôle qualité puis les mettrons en boîtes prêt pour l’envoi !

Septimère job : Knock off ! Qui signifie fin de la journée bien méritée. Il est l’heure d’un autre café, d’une douche chaude et place à la détente jusque la nouvelle journée qui nous attend le lendemain.

 

D’autres jobs occasionnels seront également à l’honneur lors de notre travail à la ferme.

Les Gem squash, il s’agit des courges Gem Squash, elles ressemblent a des courgettes, mais en forme de boule, ce légume est une découverte pleine de saveur. Petit aparté cuisine, couper la courge en deux : un peu d’huile d’olive, ou beurre, sel poivre, 3 minutes au micro ondes, et c’est prêt ! Ca nous a été très utile lorsqu’on a la flemme de cuisiner.

Bref, revenons en au travail : la récolte se fait debout, à la recherche des courges prêtes à l’emploi, elles doivent être d’une couleur vert foncé, et suffisamment grosses. Pour les cueillir, d’un geste habile du poigné, on twiste le légume, et le tour est joué, et on fait cela jusqu’à remplir une quarantaine de caisses. L’étape qui suit est évidemment le lavage et le tri.

 

Le Kale, qui est une légume, je pense méconnu, en France, mais populaire en Australie et aux Etats Unis, il fait parti de la famille des choux. Les champs sont donc fournis de grandes tiges aux feuilles frisées, qu’il faut casser pour en faire un bouquet. On a fait que 2 récoltes de ce légume, et on ne l’a même pas goûté !

 

Le planting, souvenir des anciennes fermes où l’on se torturait le dos pour planter les tiges des patates douces. Cette fois c’est planting de menthe, il n’y a pas à dire, on a la technique, et on finit notre ligne bien avant les newbies qui galèrent à planter 3 pieds de menthe. Comme quoi notre expérience dans la patate nous aide pas mal dans nos nouvelles missions !

Une fois la menthe plantée, il faut lui mettre un peu d’engrais pour qu’elle puisse s’épanouir. Quel plaisir d’épandre de la merde de poulet sur les petits pieds de menthe. Oui pour le coup, on fait dans le naturel, l’odeur qui s’incruste dans nos vêtements est à tomber par terre 😉

 

Enfin le weeding, il s’agit ici, de désherber à la main les mauvaises herbes, autour des pieds de persil et cela pendant des heures, oui les champs sont longs ! Voilà voilà, vous savez tout sur notre boulot de fermier, ça vous envoie du rêve hein !? Il n’y a plus qu’à trouver un bout de friche en France (ou ailleurs), pour parfaire notre savoir faire…

 

Et l’ambiance à la ferme, la rémunération et les conditions de travail dans tout ça ??

 

C’est incontestablement la meilleure ambiance et les meilleures conditions de travail que l’on ait eue parmi tous nos boulots de ferme. Bon je ne parlerai pas de l’ambiance hors travail avec les autres travailleurs, qui se résume à « que nenni ». Non, je parle de l’équipe familiale de la ferme. Pourquoi donc ?

Premièrement parce qu’on a été accueilli les bras ouverts, au bout d’une semaine de travail à la ferme, c’était les 30 ans de Sab, quelle poisse de les passer dans les champs et en plus un samedi ! Mais ce qu’on ne savait pas, c’était que l’équipe préparait une surprise ! Après le boulot, on rejoint tranquillement le van, lorsque l’équipe nous rappelle, et là, tout le monde est là, ils ont préparé un gâteau d’anniv, avec la bougie, la chanson et la bière (c’est important). Et biensûr le gâteau au chocolat était sans lait, sans œuf, ils avaient réussi à chopper l’info sur les intolérances de Sab, c’est pas royal ça ??? Et cela, au bout d’une semaine de boulot ! On est littéralement sur le cul ! On passe alors une super soirée, avec en prime une enveloppe de la part de toute la famille pour souhaiter ses 30 ans. On n’en revient toujours pas, ces Australiens sont fous et géniaux.

Allez je vous donne d’autres exemples, parce qu’on a comme l’impression que vous n’y croyez pas. Lorsqu’on rentre de notre journée de congés, surprise sur notre table de camping : légumes de toutes sortes et fruits. Et cela régulièrement, entre fruits de la passion (en même temps le van est garé sous l’arbre fruitier), champignons frais, épinards du jardin, des cartons de mandarines, des pommes, des mangues, pommes de terre, oignons et surtout des avocats (au prix que ça coute en Australie, c’est tout simplement, un cadeau du ciel, enfin de la terre) Et tout cela sans compter les légumes à volonté que l’on récolte. Un autre avantage pour se nourrir est la viande, on s’en est tapé de la bonne barbaque.

En effet le fils qui travaille à l’abattoir se proposait gentiment de nous vendre à moitié prix par colis de 5 kilos du bœuf de première qualité. Toutes les restrictions que nous nous étions donnés jusqu’à maintenant s’envolent pour préparer de bons repas. Et parfois des cadeaux de 3 kilos de bavettes ou de côtes de porc rien que pour nous. Si avec tout ça, on ne sent pas privilégié ☺

Allez un dernier exemple pour le plaisir, un samedi après le travail, le frère nous emmène avec lui dans son pub préféré pour siroter quelques pintes en terrasse, et aller voir des kangourous par vingtaine qui sillonnaient autour du pub. Et cette après midi, s’est conclu par un restau, aussi bon que l’après midi qu’on venait de passer. Ces gens sont fous, et tellement chaleureux.

Bon, si je continue d’énumérer tout ça, vous risquez de passer la nuit à lire notre article. On peut maintenant parler de rémunération, il s’agit encore une fois d’un boulot payé à l’heure, pour cela nous aurons été chanceux ! Le prix est cependant moins élevé que dans le Queensland, 16 $AU pour le démarrage, et 20$AU (qui est un poil moins que dans nos expériences dans le Queensland) dès lors que nous sommes efficaces. On aura eu notre augmentation au bout de 3 semaines de travail, même si nous étions efficaces dès le deuxième jour 😀 Non plus sérieusement, le savoir faire s’acquiert indiscutablement au fil des semaines et on en apprend tous les jours. Côté coût des commodités, à savoir cuisine, douche et toilettes, ils nous ont été offerts, car nous vivons dans notre van. Vous aurez compris que le calcul est rapidement fait, ce boulot est celui qui sera le plus avantageux. Comme quoi, ne pas s’arrêter à un tarif à l’heure, et voir tous les à côtés, et des à côtés, on en a à la pelle.

 

Concernant le déroulement de la semaine, on travaille 6 jours sur 7, quelle joie d’avoir un day off, car dans les patates c’était 7 jour sur 7, et la démotivation arrive au galot. Le day off était le jeudi, la plupart du temps, la journée se résumait à un peu de repos, faire les courses de la semaine, déposer notre chèque hebdomadaire à la banque, et occasionnellement un peu de shopping. On aura également visité la prison de Fremantle, visité Two Rocks, allé plusieurs fois à Yanchep National Parc, balladé le long de la rivière et la plage de Guilderton, rendu visite à notre ami à Perth.

Et la météo?? Les premières semaines, il faisait chaud, du matin au soir. Et rapidement l’hiver s’est installée, autant dire qu’on s’est bien caillé les miches à 3° C dans les champs de radis. Bien que les températures grimpaient jusqu’à 25°C en journée.


A l’heure où nous écrivons, on vient juste de terminer nos 2 mois supplémentaires de ferme et nous voilà à nouveau sur les routes à la conquête du littoral ouest et du Nord, étape finale à Darwin. Un budget renfloué pour terminer notre route, et le droit au second visa obtenu.

Mais notre objectif, à aujourd’hui, n’a pas changé : retour en France pour voir ce qu’il s’y passe.

Et vous qu’en pensez vous ? Rester en Australie vivre notre vie de nomades ou revenir en France vivre notre vie de merde, notre quotidien 😉 ? Exprimez vous !